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Les instruments de l'orchestre symphonique et la place de chaque pupitre

Publié le - Mis à jour le

Musiciens d'un orchestre symphonique disposés par sections sur la scène d'une salle de concert

Un orchestre symphonique réunit entre quatre-vingts et cent dix musiciens, répartis en quatre groupes d'instruments : les cordes, avec les violons, les altos, les violoncelles et les contrebasses ; les bois, de la flûte au basson ; les cuivres, du cor au tuba ; les percussions, timbales en tête. La place de chaque instrument sur scène suit une logique acoustique fixée au XIXe siècle.

L'essentiel

  • Le classement des instruments tient au mécanisme sonore : corde frottée, anche, biseau, embouchure, peau frappée.
  • Les cordes rassemblent une soixantaine d'instrumentistes et occupent tout l'avant du plateau.
  • Les sonorités les moins puissantes passent devant, les cuivres et les percussions ferment la scène.
  • Le hautbois donne le la, le premier violon transmet l'accord à l'orchestre entier.

Comment sont classés les instruments de l'orchestre

Le classement en quatre groupes ne décrit pas des matériaux mais des mécanismes. Une corde frottée par un archet, une colonne d'air mise en vibration, une peau ou une plaque frappée : ce sont trois manières différentes de produire un son, et la structure de l'orchestre les regroupe ainsi depuis le classicisme. La musicologie moderne emploie un vocabulaire plus fin, avec les cordophones, les aérophones, les membranophones et les idiophones, mais la salle de concert s'en tient au découpage traditionnel.

La séparation entre bois et cuivres est celle que l'on comprend le plus mal, parce qu'elle semble parler de métal. Elle parle en réalité de l'endroit où naît la vibration. Chez un cuivre, ce sont les lèvres du musicien qui vibrent dans une embouchure ; de l'autre côté, la vibration naît d'une anche ou d'un biseau. C'est pourquoi le saxophone, entièrement en laiton, appartient aux bois, tandis que la flûte traversière moderne, souvent en argent ou en maillechort, y reste également rattachée.

Les instruments à cordes, socle et moitié de l'effectif

Cinq rangs composent cette section : les premiers violons, les seconds, les altos, les violoncelles et les contrebasses. Dans une formation complète, on compte une quinzaine de premiers, une douzaine de seconds, une dizaine d'altos, autant de violoncelles et six à huit contrebasses, soit une soixantaine de musiciens pour ce seul groupe. C'est elle qui joue le plus longtemps au cours d'une œuvre : là où un tromboniste peut attendre plusieurs centaines de mesures, un archet reste presque continuellement sollicité.

Chaque rang est mené par son chef de pupitre, et l'ensemble par le premier violon, ou violon solo, placé à la gauche immédiate du chef. C'est lui qui reçoit le la avant le concert et le fait circuler, qui interprète les brefs passages solistes écrits pour son instrument, et qui décide des coups d'archet communs à toute la section. Au sujet des cordes, l'article consacré au répertoire du violon dans la musique classique détaille les concertos qu'il a inspirés.

La harpe est rattachée aux cordes, bien qu'elle soit pincée et non frottée. Une œuvre en demande une, parfois deux, et elle est alors installée à part, sur le côté, à hauteur des anches.

Les bois, des timbres que l'oreille identifie seule

Cet ensemble se lit par paires. La flûte traversière et le piccolo produisent leur son par un filet d'air brisé sur un biseau, sans anche. La clarinette et la clarinette basse utilisent une anche simple, une languette de roseau plaquée contre un bec. Le hautbois, le cor anglais, le basson et le contrebasson emploient une anche double, deux lamelles qui vibrent l'une contre l'autre, ce qui donne ces sonorités nasillardes et immédiatement reconnaissables.

L'effectif standard, que l'on appelle la petite harmonie, réunit deux exemplaires de chacune de ces quatre voix. Les partitions du XIXe siècle demandent souvent trois exécutants par timbre, le troisième prenant l'instrument grave ou aigu de son espèce. On aboutit alors à une douzaine d'instruments à vent, installés au centre du plateau.

C'est de ce groupe que sortent la plupart des solos courts qui donnent son caractère à une page de musique symphonique. Et c'est aussi de là que vient la note de référence : l'orchestre s'accorde sur le la du hautbois, dont le son perce l'ensemble et dont la hauteur varie peu avec la température de la salle.

Les cuivres, la masse sonore et les grands tutti

Quatre cors, deux à trois trompettes, trois trombones et un tuba forment l'ossature courante. Ces instruments se répartissent selon la forme de leur tube : une perce conique, qui s'élargit progressivement, donne un son rond et enveloppant, c'est le cas du tuba ; une perce cylindrique sur la plus grande partie de sa longueur donne un son plus direct et plus tranchant, c'est le cas de la trompette et du trombone. Le changement de note passe par des pistons ou des palettes, sauf pour le trombone, qui garde sa coulisse.

Le cor, à perce conique lui aussi, occupe une position particulière. Classé parmi les cuivres, il se mêle si bien aux sonorités voisines qu'il figure dans le quintette à vent avec les quatre sonorités du groupe voisin. Les compositeurs s'en servent précisément pour cela, et la musique française du début du XXe siècle en a tiré des couleurs qui n'appartiennent qu'à elle : c'est le liant entre les deux groupes de souffleurs.

Les instruments à percussion, de la hauteur exacte au simple bruit

On les sépare en deux groupes. Les instruments à hauteur déterminée jouent une note identifiable : les timbales, le xylophone, le vibraphone, le glockenspiel, le carillon tubulaire, le célesta. Les instruments à hauteur indéterminée produisent un impact ou une couleur sans note précise : la grosse caisse, la caisse claire, les cymbales, le triangle, le tam-tam, le tambour de basque.

Les timbales sont le plus ancien poste permanent de cette section : elles accompagnent les trompettes dans les partitions dès le XVIIIe siècle, quand tout le reste du matériel restait exceptionnel. Un percussionniste d'orchestre est aujourd'hui un polyinstrumentiste, appelé à changer plusieurs fois de matériel dans une même pièce. Le piano, lorsqu'une œuvre l'appelle sans en faire un concerto, est rattaché à ce groupe ; sa place dans le répertoire est détaillée sur notre page dédiée au piano dans la musique classique.

L'organisation d'un orchestre sur la scène, place par place

La disposition suit une règle simple : ce qui sonne le moins fort passe devant, ce qui porte loin reste au fond. Les cordes s'étalent en éventail autour du chef, les vents s'installent au centre sur une estrade basse, cuivres et percussions ferment le plateau. Un son émis au fond a ainsi le temps de se mêler aux autres avant d'atteindre la salle.

Famille Place sur le plateau Effectif courant Ce qu'elle apporte
Cordes Tout l'avant, en arc de cercle 55 à 65 La continuité et la matière du son
Bois Centre, sur une estrade basse 8 à 14 Les couleurs et les traits solistes
Cuivres Derrière les vents, souvent à gauche 10 à 14 La puissance et les points culminants
Percussions Dernier rang, au fond 2 à 6 Le relief rythmique et les accents

Deux écoles coexistent pour l'avant du plateau. La disposition dite américaine, la plus répandue, aligne les premiers puis les seconds ensemble a la gauche du chef, avec les altos au centre et les violoncelles à sa droite. La disposition dite allemande, ou à l'ancienne, renvoie les seconds à droite, en vis-à-vis des premiers. Le choix n'est pas décoratif : dans les symphonies classiques et romantiques, les deux groupes se répondent phrase par phrase, et cet effet de va-et-vient d'un côté à l'autre de la scène disparaît entièrement quand ils sont côte à côte. Les contrebasses, elles, se rangent derrière les violoncelles ou en ligne au fond, selon la salle.

Direction d'orchestre : qui décide de quoi

Trois autorités se partagent le travail. Le directeur musical porte les choix artistiques de la saison et dirige une partie des programmes. Le chef d'orchestre construit l'interprétation en répétition, règle les équilibres entre les groupes et fixe les tempos ; ce que recouvre exactement ce métier tient surtout à une chose, il est le seul à disposer de la partition complète. Les chefs de pupitre, enfin, assurent la cohésion de leur propre section et jouent les passages exposés qui lui reviennent.

Symphonique, philharmonique, de chambre : ce que recouvrent ces noms

Les appellations se ressemblent et ne désignent pas la même chose. Un orchestre philharmonique n'a pas d'effectif différent de son voisin symphonique : le mot vient d'une tradition associative, celle de sociétés fondées par des amateurs éclairés au XIXe siècle, et il est resté dans les raisons sociales. Le Philharmonique de Berlin, celui de Vienne et l'Orchestre de Paris portent aujourd'hui l'une ou l'autre étiquette pour un nombre de musiciens comparable, et la Philharmonie de Paris accueille les deux sans distinction.

L'orchestre de chambre, lui, est réellement plus réduit : une quarantaine d'exécutants au plus, souvent sans trombones ni tuba, calibré pour le répertoire antérieur au romantisme et pour les salles de dimension modeste. Les orchestres d'harmonie reposent sur un principe encore différent, puisqu'ils écartent entièrement les archets : ils ne rassemblent que des souffleurs et des batteurs, à la manière des ensembles municipaux et militaires dont ils descendent. Quant aux orchestres nationaux ou à ceux de Radio France, ils se distinguent par leur statut et leur employeur, jamais par leur composition.

Quand l'orchestre quitte la salle de concert

La même formation se retrouve dans la fosse d'un opéra, et tout y change. Les exécutants sont assis en contrebas, sous le niveau de la scène, invisibles pour le public ; le chef, lui, doit voir en même temps ses instrumentistes et les chanteurs, ce qui l'oblige à se tenir très haut. L'équilibre sonore se règle autrement, puisque le son remonte par l'ouverture au lieu d'être projeté vers la salle. Wagner a poussé le principe jusqu'au bout à Bayreuth en faisant couvrir sa fosse d'un capot, de sorte que le public n'aperçoit plus un seul musicien.

Le ballet impose une autre contrainte encore : le tempo doit tenir compte de ce que les danseurs peuvent exécuter, et il se négocie en répétition. En studio d'enregistrement, enfin, les rangs sont resserrés ou au contraire séparés par des cloisons, et l'équilibre entre les groupes est repris à la prise de son plutôt que réglé sur le plateau. Une même page ne sonne donc jamais tout à fait pareil selon l'endroit où elle est jouée.

Histoire de l'orchestre : comment cet effectif s'est constitué

La formation de Haydn et de Mozart comptait une quarantaine d'exécutants, avec des vents encore peu nombreux. La clarinette n'entre durablement dans l'ensemble qu'à la fin du XVIIIe siècle. Le romantisme fait ensuite gonfler l'effectif, à mesure que les salles s'agrandissent et que les facteurs améliorent les mécaniques : les pistons rendent les cuivres entièrement chromatiques, le système de clés fiabilise les bois, et le nombre de musiciens dépasse la centaine chez Wagner ou Mahler. Pour l'ère des grands effectifs, la fiche sur la période romantique retrace cette évolution.

Hector Berlioz est celui qui a formalisé le sujet. Son grand traité d'instrumentation et d'orchestration, publié dans les années 1840, décrit un à un le caractère et l'étendue de chaque instrument, et y ajoute la description d'un ensemble idéal de plusieurs centaines d'exécutants qui n'a jamais été réuni. Sa Symphonie fantastique avait déjà montré, une dizaine d'années plus tôt, ce que l'on pouvait obtenir en traitant la couleur sonore comme un élément principal du discours et non comme un simple habillage.

Familles, pupitres et déroulé d'un concert symphonique

Quels sont les instruments d'un orchestre symphonique ?

On y trouve les instruments à cordes frottées, avec les violons, les altos, les violoncelles et les contrebasses, auxquelles s'ajoute la harpe. Viennent ensuite la flûte, le hautbois, la clarinette et le basson pour la famille des bois, puis le cor, la trompette, le trombone et le tuba pour les cuivres, et enfin les timbales accompagnées du matériel de percussion appelé par la partition.

Comment sont classés les instruments d'orchestre ?

Le classement repose sur la manière dont la vibration est déclenchée, jamais sur la matière de l'instrument. Une corde frottée, une colonne d'air excitée par une anche ou par un biseau, des lèvres qui vibrent dans une embouchure, une peau ou une plaque frappée : ces quatre mécanismes donnent les quatre sections de l'orchestre.

Quels instruments sont dans la famille des bois ?

La flûte traversière et le piccolo, qui n'utilisent pas d'anche, la clarinette et la clarinette basse, qui emploient une anche simple, puis le hautbois, le cor anglais, le basson et le contrebasson, qui emploient une anche double. Le saxophone en fait partie lui aussi, même s'il n'appartient pas à l'effectif permanent.

Quels sont les instruments de percussion dans un orchestre ?

Les timbales forment le pupitre permanent. Autour d'elles s'ajoutent, selon les œuvres, la grosse caisse, la caisse claire, les cymbales, le triangle, le tam-tam, ainsi que les claviers à hauteur déterminée comme le xylophone, le glockenspiel, le vibraphone et le carillon tubulaire.

Comment se déroule un concert d'orchestre symphonique ?

Les musiciens entrent et s'installent, l'accord se fait sur le la donné par les instruments à anche, puis le chef entre en dernier. Le programme enchaîne en général une ouverture ou une pièce brève, une œuvre avec soliste, puis une symphonie après l'entracte, chaque mouvement étant joué sans applaudissements intermédiaires.

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