La musique de films

Découvrir, partager, mieux connaître le meilleur de la musique : vivez la musique classique autrement !

La musique de films

On croit que la musique classique n'existe plus, est morte, ne vit que dans d'autres siècles. Cette pensée est fautive à plusieurs niveaux : un premier qui est la façade des compositeurs contemporains, et un second qui est la musique de cinéma. Arrêtons-nous quelques instants sur cette dernière.

Une industrie

Il sort en moyenne 800 films par an dans le monde occidental. Je me limite à cette culture puisqu'elle est l'héritière de la culture qui a produit la musique classique dont nous parlons ici. J'oublie volontairement les productions asiatiques qui représentent plus du triple, mon propos étant de me concentrer sur les musique de films héritières de la musique classique. Considérons donc que 800 films par an environ comportent une bande sonore basée sur de la musique instrumentale, orchestrale, et/ou chorale. Approximons cette production à 1500 heures de musique produites par an. Notons tout d'abord que ce chiffre est tout à fait comparable aux productions des compositeurs d'aujourd'hui (bien qu'il soit difficile de trouver un statistique aussi claire que pour le cinéma). Et pourtant l'impact en termes de notoriété est incomparable.

J'aimerai rapidement insister sur la qualité de la musique de cinéma. Contrairement à de nombreux critiques actuels je ne dédaigne pas la qualité artistique de la musique de cinéma. Si certaines productions restent enfermées dans un moule de pur accompagnement, sans âme ni esprit, sans beauté ni art, sans recherche ni magie, d'autres trouvent leurs places à côté des "grands classiques". J'ai eu l'occasion de confirmer cette idée lors d'un entretien avec le chef d'orchestre Laurent Petitgirard qui dirige des concert de musique de films à côté de concerts classiques. Mais la musique de cinéma souffre pour moi d'un défaut proche de celui la musique d'opéra (dont elle est l'héritière directe) : il s'agit d'une musique composée pour accompagner. Cela ne lui enlève pas ses qualités, mais cela la rend délicate à apprécier pour elle-même. Elle s'écoute à travers le film, à travers l'action, et ne s'évalue pour moi que comme telle. C'est donc un ensemble musique+film (ou musique+théâtre dans le cas de l'opéra) qu'il faut juger, et non la musique seule. Il m'est impossible de séparer la musique de l'image, et cela fausse mon appréciation de la musique.

Le cinéma comme hériter de la musique classique

Néanmoins cette musique a le mérite de communiquer auprès du grand public les charmes de la musique classique. Il est en effet inutile de se leurrer : à l'opposé des compositeurs contemporains actuels (mais cela est vrai depuis une bonne cinquantaine d'année) qui cherchent sans cesse la nouveauté théorique, la musique de cinéma utilise le cadre existant de la musique classique, les coutumes et les règles qu'elle utilise sont assez proches de celles en vigueur à la fin du XIXème siècle. Peu d'inventivité théorique, mais beaucoup d'inventivité esthétique, voilà la clé. Et cela n'est absolument pas incompatible avec une grande qualité. Un de mes compositeurs préférés est Rimski-Korsakov, ce dernier n'a inventé que peu de choses en termes de théorie musicale, il utilise principalement les cadres de Berlioz, Wagner, ou Verdi pour ne citer que les grands noms, mais il en fait quelque chose de nouveau, et de très réussi. Il en va de même pour Prokofiev, du moins pour une partie de sa production.

Un regard en arrière

C'est fort du succès de la musique de film que je suis convaincu de l'intérêt du public pour la musique classique, et c'est ce qui me pousse à faire ce site. En effet les maîtres à penser des plus grandes musique de films d'aujourd'hui sont bien souvent les compositeurs que je recommande via ce site. Je pense notamment à John Williams (Star Wars, Jurrasic Park, Harry Potter, Indiana Jones, etc.), Howard Shore (le Seigneur des Anneaux), Bruno Coulais (Belphegor, les Choristes, le Peuple migrateur), Don Davis (les Matrix), ou Yann Tiersen (Good bye Lenin, Amélie Poulain). Je pousse donc mes lecteurs à jeter un regard sur ces compositeurs et ces musiques, dont les noms leur sont souvent inconnus, tout comme la production musicale, parce qu'ils sont les pères fondateurs d'une musique qu'ils apprécient aujourd'hui.

Share