Prokofiev : Concerto pour violon, en ré majeur, Op. 19

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Prokofiev : Concerto pour violon, en ré majeur, Op. 19

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Résumé en images !

  • Appréciation : 3/5,
  • Époque : 1910-1950,
  • Effectif : Grand orchestre avec soliste,
  • Genre : Violon et orchestre,
  • Durée : Classique,
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    De quelle musique s'agit-il ?

    Modernité, effondrement des idées, nihilisme et ouvertures

    Composé entre 1916 et 1917, créé en 1923, le premier concerto de Prokofiev est assez emblématique de l'état d'esprit du compositeur, mais également de l'époque. En effet il est à la fois héritier d'une certaine tradition romantique, mais il expose ouvertement ses inquiétudes et ses errements, ses folies et sa vanité. L'utilisation parfois robotique du violon ou des percussions, ou l'ambiance d'usine mécanique qui se dégage de certains passages est révélatrice des nouvelles inspirations de la musique. Le lyrisme est moqué, et le nihilisme envahit tout. L'oeuvre est dépourvue d'héroïsme à l'inverse de créations plus tardives de Prokofiev. Il s'agit d'une des oeuvres les plus extrêmes du compositeur, par sa modernité désenchantée. Cela dit, du point de vue esthétique, nous sommes plus marqués par les phases d'écroulement dramatique, de désagrégation de la réalité et des idées, que par les séquences ou vides ou grinçantes. J'entends ce concerto comme étant le premier à se détacher totalement de l'influence de Paganini.

    Le concerto s'ouvre sur une page d'inspiration nocturne, discrète, brumeuse. L'orchestration est réduite, seules les cordes chuchotent un accompagnement initial avant le laisser place aux vents, donnant une structure de duo plus que de concerto. Le violon domine largement tout cet ensemble en portant toute la matière musicale. Après une phase introductive de 2 minutes environ, le tempo s'accélère, et nous entrons dans un premièr état desordonné, erratique, avec l'impression que le sol se craquèle sous nos pieds. Cet effondrement relatif est assez court puisque le violon nous raccroche sur une note aigue, les choses se stabilisent, mais la possibilité d'écroulement est toujours présente et modifie radicalement le discours du violon, qui devient plus inquiet, plus scrutateur, plus nerveux, plus virtuose également. Traits de feu sur des pseudo-thèmes ou des thèmes amputés, qui atteignent leur apogée dans une marche claudiquante, suivi d'un épisode en suspension, porté par quelques pizzicatis du violon, avant de replonger dans une danse désarticulée. C'est le passage le plus percutant du mouvement, avant de l'entendre se perdre dans un long final dans l'aigu, sans grande consistance.

    Le second mouvement est une séquence assez grossière et criante (voire criarde), sans structure ni matériau thématique. Son intérêt réside dans quelques motifs du violon, originaux et diaboliques, et la brève explosion orchestrale centrale véritable marteau d'acier.

    Le dernier mouvement est bâti sur trois idées : la désuètude du lyrisme et des sentiments, le naufrage des idéaux, et l'ouverture vers d'autres possibles. La première est exposée dans la première moitié du mouvement, monotone, d'un faux lyrisme, désabusé, lamentable. La seconde est illustrée par la fantastique séquence centrale (à partir de 5' environ) qui voit le violon s'envoler puis dégringoler plusieurs fois de l'extrême aigü, en paliers, sur un accompagnement au tuba, grave, maudit. L'image d'un ange tournoyant pitoyablement dans le ciel, chutant sans vie sous le regard froid et fixe des nuages ou des montagnes me vient à l'esprit. Le final (débutant vers 6'30" ) prend le contrepied de cette idée, incarnant un certain appel vers la lumière, hésitant mais très volontaire. L'idée qu'après la mort d'une certaine forme d'Art le Beau est encore possible ?

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    Une fois n'est pas coutume, la version de référence est celle de Vengerov, le LSO sous la baguette de Rostropovitch est cependant un peu faible.

    Maxim Vengerov (Coffret 11 CD)

    Mais la version de Oistrakh, bien que moins bien enregistrée est légendaire :

    Oistrakh joue Prokofiev : Concertos pour violon n° 1 et n° 2 - Sonate pour violon n° 2

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