Mahler : Le chant de la Terre

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Mahler : Le chant de la Terre

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Résumé en images !

  • Appréciation : 5/5,
  • Époque : 1870-1910,
  • Effectif : Grand orchestre avec soliste,
  • Genre : Symphonie,
  • Durée : Longue,
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    De quelle musique s'agit-il ?

    La joie, l'ivresse, la mort, et l'après...

    Composé à partir de 1907 et créé en 1911 (après la mort du compositeur), le Chant de la Terre (Das Lied von Der Erde) est une des dernières œuvres de Mahler. Il est alors de plus en plus angoissé et envahi par ce que Freud appellera la pulsion de mort. Plusieurs circonstances l'ont mené à cet état, sa démission forcée de l'opéra de Vienne, à cause de pressions politiques antisémites, la mort de sa fille, l'adultère de sa femme, le diagnostic d'une maladie cardiaque congénitale, la guerre vers laquelle court l'Europe, et les modifications profondes que subit la musique à cette époque (dont Mahler est un acteur).
    A l'inverse de Beethoven qui termine sa carrière symphonique, dans un contexte similaire de grands changements, par une œuvre viscéralement marquée par la Joie (la Neuvième Symphonie), Mahler termine la sienne par cette œuvre diablement marquée par la Mort.

    C'est une œuvre pour grand orchestre et deux chanteurs solistes, mais elle se rapproche d'une symphonie, surtout si on l'inclut dans la production symphonique de Mahler qui n'a jamais hésité à utiliser la voix comme un instrument de musique. Il existe deux possibilités : soit avec ténor et alto, soit avec ténor et baryton. Cette seconde option est plus proche du choix initial de Mahler, et correspond mieux à l'ambiance du dernier mouvement.

    Les textes sont dérivés de poésie chinoise, et Mahler avait initialement prévu d'appeler l'œuvre "la flûte Chinoise". Les textes sont assez superficiels, et c'est le sens de la musique, bien plus profond, que nous allons commenter ici. Le développement de la composition l'a dissuadé de ce titre, et l'a poussé vers le titre plus général et aussi plus mégalomane (une habitude chez Mahler) de "Chant de la Terre". Découpée en six mouvements distincts, bien que liés par la même histoire et les mêmes thèmes, elle dure environ soixante minutes. Par ses dimensions héroïques et magistrales, son élan implacable, sa puissance folle et sans limite, ses thèmes centraux du surpassement de soi, de la Mort et du Destin, le Chant de la Terre fait beaucoup penser à la Sixième Symphonie du compositeur.

    On peut facilement scinder l'œuvre en deux parties : d'un côté les cinq premiers mouvements (chanson à boire pour la douleur de la Terre ; le solitaire en automne ; de la jeunesse ; de la beauté ; l'ivrogne au printemps) et de l'autre le dernier (l'adieu).

    La première partie alterne volontairement mouvements joyeux, énergiques, vivants, et mouvements posés, sages, calmes, introspectifs. Elle exprime avant tout des sentiments positifs (la joie de vivre, de boire, de célébrer, de danser, de rire) même s'ils sont parfois teintés de troubles (douleur, doute, questionnement, chutes). La musique exprime très bien cette dualité, tant dans l'emphase et les débordements qu'elle chante, que dans la simplicité et le dénuement qu'elle murmure. Tous les talents de chef d'orchestre sont employés dans cette partie, les sonorités sont complexes sont travaillées, tout comme les motifs thématiques (chers à Mahler) et les thèmes eux-mêmes (brisure, amputation, reprise, etc.). L'orchestration fait la part belle aux différentes solistes de l'orchestre, et les percussions sont presque absentes. Un certain débordement rend cette joie apparente parfois pataude, mais il illustre peut-être l'effet de l'alcool (élément clé de cette partie).

    Mais si la première partie est excellente, tout le génie de Mahler éclate dans la seconde. Le dernier mouvement est un des mouvements lents et sombres les plus réussis de l'histoire de la musique. L'utilisation très originale et pleine de sens des sons graves de l'orchestre (harpes, contrebasses, gong, trombones, bassons, contrebasson, tuba) laisse sans voix. Rarement la puissance terrifiante, paralysante, totalisante, et obsédante de la Mort a été aussi bien rendue. Utilisant massivement la répétition et l'amplification, Mahler déploie tout une marche vers l'abîme, une descente aux enfers, longue, lente, de plus en plus noire et désespérée, irréversiblement attirante, telle la gravité nous entrainant dans un gouffre, nous enveloppant de ténèbres toujours plus épaisses. Le tréfonds est pourtant atteint au cours d'un épisode orchestral de cinq minutes environ, où l'orchestre nous met face aux vantaux de l'Enfer, dans une marche lente et dépouillée, rythmée par le gong (doucement employé), et les vents (sur le thème initial) ou les cors. Ces portes s'ouvrent dans deux coups de gong et immédiatement accompagnés des cuivres, mugissant le thème du Destin qui nous harcèle depuis le début du mouvement. La mort est là. Visible.

    Cependant l'œuvre ne se termine pas sur cette épisode glacial, mais nous narre un "après" la mort, plein de délicatesse simple et magique, dans des nuées d'argent scintillantes, au sons de l'harmonica de verre, et du dernier mot du poème "Ewig..." ("pour toujours"). Ainsi Mahler a voulu terminer l'œuvre sur une note d'espoir, non pas de salut, mais de paix dans l'au-delà.

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    La référence pour cette pièce a été enregistrée par Otto Klemperer en 1966, dans une version avec alto (et non baryton)

    Mahler par Klemperer : Le Chant de la terre

    Dans une version avec baryton (et non alto), celle de Bernstein de 1966, toujours à l'aise des les œuvres mahlériennes est également une référence.

    Mahler par Bernstein : Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre) - Coll. Legends

    Mais pour mesurer toute la noirceur du dernier mouvement, la version de Reiner de 1959 est peut-être encore meilleure.

    Mahler par Reiner : Das Lied von der Erde - Le Chant de la Terre

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