Dvořák : Neuvième symphonie en mi mineur, Op. 95, ‘du Nouveau Monde’

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Dvořák : Neuvième symphonie en mi mineur, Op. 95, ‘du Nouveau Monde’

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Résumé en images !

  • Appréciation : 5/5,
  • Époque : 1870-1910,
  • Effectif : Grand orchestre sans soliste,
  • Genre : Symphonie,
  • Durée : Longue,
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    Paysages immenses, folles impressions et mythes indiens.

    Créée en 1893, la Neuvième symphonie de Dvorak vient couronner la carrière à succès du compositeur, et lui assure une notoriété intemporelle. Il s'agit en effet de sa dernière symphonie, de très loin sa plus connue, et de loin sa meilleure production, bien qu'il soit déjà reconnu comme un grand compositeur à l'époque de sa création. Un parallèle avec Beethoven est absolument justifié, ce dernier publie sa Neuvième également en fin de carrière, ayant également conquis le public par ses œuvres précédentes. Le parallèle peut même se poursuivre dans le style de la symphonie qui est moins innovante que ses précédentes, mais exploite idéalement et avec une redoutable efficacité les innovations antérieures.

    Inspirée par ses voyages en Amérique du Nord, cette symphonie est composée assez rapidement et vise à rendre les impressions du compositeur en face de la majesté et de la grandeur des paysages américains, mais également de leur richesse culturelle via les mythologies amérindiennes. L'œuvre se base sur des thématiques très claires, extraordinairement expressives, chargées de sens et de sentiments, qui se diffusent dans la totalité de la symphonie. On y trouve également la violence et l'énergie des eaux vives, ou des montagnes s'élançant vers les cieux, accompagnées par la puissance et la tranquillité des vastes étendues, ou des massifs plus imposants, soutenues par les péripéties d'esprits sylvestres, ou les voyages de créatures fantastiques toujours proches des éléments naturels. Ce n'est pas une symphonie qui se dessinent à l'aide de sentiments humains abstraits, mais plutôt une chaine de réactions de contemplation du sublime de la nature, et de l'imagination des processus qui ont créé tant de richesses.

    L'ouverture discrète et posée, la chute brutale qui lance le mouvement, les écoulements des violons, la douceur majestueuse du mouvement lent, les roulements du scherzo, son errance centrale, la pétrification du spectateur au début du dernier mouvement, puis la vision de l'immense objet, ses faces, ses reflets, cette vie statique d'une densité insoutenable, jusqu'au final conjuguant les thématiques principales de l'émerveillement, de la puissance, et de l'immensité, chaque idée est abordée du point de vue d'un observateur immergé dans un univers nouveau, riche d'histoire naturelle, et d'éléments imposants, qui s'étonne ou se subjugue de telles créations.

    Tous ces effets sont soutenus par une orchestration subtilement équilibrée entre une certaine brutalité, une grâce indicible, et une matière robuste. On y retrouve les influences rhapsodiques propres aux créations antérieures de Dvorak, sans leurs aspects éphémères ou imprécis, les subtilités de Korsakov à défaut de couleurs aussi variées, la solidité de Bruckner, sans ses lourdeurs, l'héroïsme de Wagner, sans ses développements trop longs, la vivacité et l'intempérance d'un Beethoven, ou encore l'obsession de la fatalité de Tchaïkovsky. Les cordes occupent un rôle particulièrement important dans cette symphonie, alors qu'on les pensait parfois dépassées par la puissance des cuivres chez d'autres compositeurs, et cela sans perte du côté desdits cuivres qui exploitent toute leur force expressive, sans sombrer dans un déclamation trop pesante, ou bruyante. On remarquera la petite taille de l'orchestre employé (pas de percussion originale (xylophone, gong, caisse, cloches, etc.), pas de piano, pas de solo, ou très peu, pas d'effets particuliers sur des instruments classiques, toute l'utilisation instrumentale reste classique). Cela peut surprendre quand on considère l'époque, et nous amène à considérer cette symphonie comme un sommet de musique romantique sur un grand orchestre classique, une telle créativité avec un matériau si restreint étant inédite.

    On notera enfin un absence d'effets impressionnistes ou apparentés, Dvorak reste absolument fidèle à l'esthétique romantique, héritée de Beethoven, Berlioz et Bruckner. Mais cela est largement compensé par la subtilité des thèmes et des couleurs déployés au cours de l'oeuvre, qui sait paraître rêveuse, suggestive, ou dématérialisée, sans recours aux procédés nouveaux de l'époque (Debussy, Korsakov, ou Saint-Saëns en premier lieu).

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    La symphonie du nouveau monde est peut-être l'œuvre la plus enregistrée qui soit, et les versions diffèrent très largement en qualité. De par son orchestration classique, l'œuvre est très sujette à des déformations délétères, ou à des tentations d'archaïsmes, et il faut absolument éviter ces platitudes. Une autre dimensions qui me semble primordiale à considérer est celle du tempo du mouvement lent : ce dernier doit être lent, voire très lent, une vitesse trop grande détruit tout le travail de subtilité et de délicatesse introduite par Dvorak dans ce mouvement. A l'inverse le premier mouvement doit être vif, rapide, énergique. Ces considérations m'amènent à conseiller la version de Bernstein avec l'Israel PO ou éventuellement celle de Horenstein avec un orchestre à effectif plus réduit (Royal PO), qui apporte une autre couleur à l'œuvre. Je ne ferai pas une liste de versions à éviter, mais pour avoir essayé de nombreuses "sans-nom" (i.e. par des chefs peu connus), je vous invite à ne pas vous y aventurer au hasard. A éviter également l'enregistrement par Karajan, trop plat, car joué comme du Beethoven, la même erreur que dans ses enregistrements de Tchaikovsky, et dans laquelle tombe de nombreux chefs quand l'orchestre est classique.

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